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Élargissement: faire tomber le Mur du rejet

Unione Europea bandiera

ÉLARGISSEMENT: FAIRE TOMBER LE MUR DU REJET

Les Britanniques honnissaient l’objectif européen d’une « Union sans cesse plus étroite ». Ce qui rebute les Français, à l’inverse, c’est la perspective d’Union sans cesse plus large qu’ouvriraient les nombreuses demandes d’adhésion, à l’instar de l’Albanie et de la Macédoine du Nord. La chute du Mur du Berlin, il y a 30 ans, a ouvert et rapproché la perspective d’Union élargie au continent. Celle-ci est inhérente à la construction européenne. La déclaration Schuman de 1950 visait « le rassemblement des nations européennes » et sa Communauté était « ouverte à tous les pays ». En ce sens, l’élargissement n’est pas dilution du projet européen mais son accomplissement même.C’est un narratif contraire qui a été servi aux Français. Là où les pays libérés du joug communiste se réjouissaient de retrouver la famille européenne, nous n’avons voulu voir que délocalisations et « plombier polonais ». Là où Gorbatchev évoquait « notre maison commune », Jean-Paul II, l’Europe respirant par ses « deux poumons », Jacques Delors, la « réconciliation Est-Ouest », nous avons avancé à reculons. Avec la chute du Mur tombait une certaine Europe à la française.Depuis, l’élargissement reste mal digéré en France. Faute à sa conduite en catimini. Sans effort pédagogique, sans explication politique, sans exposition médiatique. Avec le bon vieux temps de l’Europe des Douze dans le rétroviseur, on ne voit dans l’Europe à 28 que dysfonctionnements. Toute entrée nouvelle, même lointaine, est foncièrement impopulaire.Sans en taire les problèmes, il faut aborder l’élargissement sous d’autres angles pour en prendre la pleine mesure. Outre qu’il ne s’oppose pas à l’approfondissement de l’Union, il n’est pas non plus la seule cause de ses dysfonctionnements. Ceux-ci proviennent autant des travers franco-allemands, d’éphémères coalitions nationales et de la distraction prolongée du Brexit.Plus fondamentalement, l’élargissement devrait être présenté non comme subi mais voulu. Chacun des Etats a été admis parce que nous les avons démocratiquement acceptés. Nos députés et sénateurs ont ratifié chaque traité d’adhésion, comme pour la Croatie en 2013, au nom du peuple français.La question de l’élargissement peut aussi être posée à rebours. Et si ces pays n’étaient jamais entrés ? La perspective d’un solide ancrage à l’Union a d’emblée stabilisé l’Europe centrale, à la différence de l’ex-Yougoslavie. Cette stabilité et la relative prospérité qui l’accompagne rejoignent nos intérêts.La question se pose aussi au futur du conditionnel : Et s’ils n’entraient jamais ? A l’heure où d’autres puissances, comme la Chine, investissent les Balkans et que la Russie déstabilise ses voisins restés en dehors de l’UE, celle-ci doit peser son intérêt géostratégique dans la région.A cet égard, dimension chère à la France, une Europe-puissance n’est pas antinomique d’une Europe élargie. Face aux menaces multiples et aux puissances qui la cernent, l’UE doit rassembler un ensemble suffisamment large pour peser.Pour autant, l’élargissement n’empêche pas la différenciation. Des Etats peuvent avancer plus loin dans l’intégration que d’autres. La zone euro et l’espace Schengen illustrent ces possibilités d’intégration différenciée, incontournables pour avancer aujourd’hui en matières migratoire et de défense. Ce qui ne saurait souffrir de différenciation, c’est le respect de nos valeurs communes qui exigent plus que jamais une stricte vigilance.L’élargissement n’est pas non plus « sans fin », comme souvent colporté. L’entrée de la Turquie a trop longtemps empoisonné ce débat, que la tournure autoritaire du régime d’Erdogan exigerait de trancher.On le voit, une révision du processus d’élargissement, que demande Paris avec raison, ne peut faire l’économie d’une explication avec les Français sur son bien-fondé. Les opinions publiques doivent y trouver sens et intérêt. Plutôt qu’un veto, l’élargissement mérite un débat. Au risque sinon de laisser s’ériger un nouveau Mur, de méfiance et de rejet. (By Sébastien Maillard Directeur de l’Institut Jacques Delors)

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